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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 18:13

LES ALTI
Voici bientôt vingt ans...
    
   
Voici bientôt vingt ans, choriste néophyte, nous participions à notre premier vrai concert, et nos yeux innocents découvraient par la même occasion notre premier spécimen d'alto soliste. Nous tairons le nom de cette robuste musicienne qui fait entre Liège et Namur la fierté de l'art vocal mosan. La quarantaine opulente, une tignasse noire qui l'était tout autant, et sur la lippe et les bajoues les indices d'une pilosité florissante que le rasoir ne suffisait plus à celer : c'était là notre première rencontre de toute la plénitude de ce pupitre fascinant, et qui impressionna en tout cas le jouvenceau que nous étions alors. Comme nous étions au concert et non chez le barbier, nos étonnements furent bientôt musicaux, et la sombre chaleur de ce bel organe nous fit forte impression. Grâce au ciel d'ailleurs, une observation plus systématique nous convainquit rapidement que cette typologie extrême n'avait pas vocation à l'universalité d'une espèce qui compte des formats plus raisonnables, et où la moustache de sapeur n'est pas condition d'adhésion.
Sachons d'abord que le terme même d'alto n'est qu'un raccourci de celui plus exact de contralto. Notre aïeul, facteur de son état, se réjouissait de lire sur les billets de banque que la loi punissait le contrefacteur. Ne prenons point ses vessies pour nos lanternes, et ne voyons pas dans la contralto quelque ennemie jurée de l'alto, tapie dans 1'ombre et prête à lui sauter à la gorge.

Nous allons voir qu'elle compte assez d'ennemis pour devoir s'embarrasser encore de querelles intestines.

On sait que l'alto, instrument homonyme est le déshérité de l'orchestre. Sa bêtise supposée y est légendaire, et c'est pour lui qu'on a dit qu'à l'inverse du cerf qui a les bois devant et le trou du c.. derrière, l'orchestre a les bois derrière et l'autre devant.

Eh bien, l'alto au sens vocal et féminin est aussi, quelque part, le parent pauvre du choeur. Au milieu des tempéraments orgueilleux de ses voisins dans l'harmonie, la ligne d'alto brille par sa modestie, frustrée qu'elle est même de toute mélodie si le compositeur est médiocre. Qui dira le drame de cette pauvre choriste trop souvent réduite aux "doum doum doum" et autres "la la la" quand sa voisine susurre la mélopée?

Ainsi déshéritée, elle est aussi mal aimée, en ce que les chefs s'en prennent souvent à elle : c'est que l'alto est la vestale gardienne de la tierce, responsabilité obscure mais capitale dans la justesse des accords. Même l'un de nos maestros dominicaux, esprit éclairé dont le viril appendice s'étale régulièrement à la page 26 de notre confrère Le Soir, même lui se départit régulièrement de toute charité chrétienne pour stigmatiser nos pauvres consoeurs et en faire, si l'on peut dire, les chèvres émissaires des disharmonies qui accablent sa symphonique phalange.

Harcelées par leurs chefs, les altos sont enfin concurrencées sur leurs propres terres par la mâle engeance. Croyez vous que ces vilains jaloux aient même le courage, comme leurs ancêtres, de tarir à la source le flux de testostérones qui les auraient éloignés des premières portées ? Point du tout. Ces gens pratiquent la concurrence déloyale, appelée aussi "voix de tête", comme le fromage du même nom.

Les avis autorisés distinguent le contralto artificiel (bien nommé fausset) du naturel, qui a subi la castration. C'est dire. Même les petits garçons s'y mettent, et sous couleur d'authenticité, réduisent au chômage les dernières altos. Le poids de l'histoire ne plaide pas en faveur de nos malheureuses consoeurs, car ces organes à la virilité incertaine se virent longtemps attribuer dans l'opéra des rôles des deux sexes. Il suffit d'écouter Gluck ou Bellini pour s'en convaincre, même si, modeste compensation, la voix féminine s'approprie depuis la fin du siècle passé des personnages masculins adolescents, comme le Siebel du Faust de Gounod.

Nous avons formé le projet de lancer une souscription pour sauver de l'extinction cette espèce attaquée de toutes parts, et lever l'obscure malédiction qui pèse sur elle. Louera-t-on en effet jamais assez la sensualité de la vraie voix d'alto, le pouvoir de son timbre chaud ? La soprano peut impressionner par ses prouesses aériennes, sa consoeur use d'autres arguments : ce sont ceux de Patricia Kaas ou de ces chanteuses de jazz qui vous entortillent la tripe aux échardes de leur voix. Rien qu'à cette évocation, nous sommes dans tous nos états, et nous nous expliquons mieux pourquoi jusqu'ici nous peuplâmes essentiellement nos harems de représentantes de ce pupitre.

Redescendons cependant en ce bas monde pour noter tristement que toutes les altos de nos chorales n'ont pas égale vocation à faire du tympan la zone érogène par excellence. Comme l'intelligence, la fortune et la beauté, les caractères vocaux sont répartis selon une courbe où la masse est aussi la moyenne, on peuple souvent ce pupitre des malheureuses pour qui le rôle de la Reine de la Nuit sera toujours un idéal inaccessible. Qu'elles se consolent et trouvent dans l'Azucena du Trouvère, la Cieca de l'Italienne à Alger, l'Arsace de Sémiramis, les modèles de ce timbre obscur, de cette rondeur et de cette plénitude surtout, qu'elles s'accordent bien à trouver dans d'autres volumes que celui de la voix...

Gustave

In Choeur Magazine Août 1997

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Published by Daniel Gaudard - dans Humour
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