SUR VOTRE AGENDA

 

  JEUDI 8 MAI

de 10h à 17h :

Répétitions à
l'Auberge Verlaine
à JUNIVILLE

Samedi 10 Mai

9h30
 Théâtre Louis Jouvet
 

GROUPE
"MARCO HORVAT
"

Images aléatoires

Présentation

LA CANTILENE

Bienvenue sur le site de la Cantilène , Chorale ardennaise de la région de Rethel.

Découvrez nos activités , nos concerts, notre agenda , nos photos , nos coups de coeur ( de choeur ? ).......  Bonne lecture ......

Site régulièrement mis à jour ........

BASSE 

La basse baisse...   Mais comment devient-on cet être exceptionnel ?    
   
Tâche bien délicate que celle d'illustrer la quatrième dimension de notre univers choral.
Allions-nous éluder l'exercice ou délaisser le picrate pour tremper notre plume dans quelque liquide plus mielleux ? Les avis étaient partagés dans les rangs de nos détracteurs, dont d'aucuns avaient subodoré chez nous des accointances avec ce pupitre d'élite. A tort évidemment, car notre possible indulgence, encore bien incertaine aux premières lignes de cette page, ne pourrait relever que du sens de cette justice immanente que nous avons vocation d'incarner, et non d'un quelconque sentiment d'appartenance.
Soutenir que ce pupitre incarne en nos phalanges la grâce et la légèreté relève, convenons-en, de l'utopie. Comme le gros hélicon, qui illustre à la fanfare une certaine pataude bonhomie, la basse mène généralement les tempi en des embourbements où elle seule semble se complaire. Et ce de son pas traînant que rien n'arrête, d'où l'expression de "basse continue" voire de "basse obstinée".

D'aucuns prétendent aussi que la basse baisse, faisant perdre des commas précieux au chœur dont elle constitue le fondement harmonique. Nous fréquentâmes en effet longuement une basse, archétype du genre, qui chantait gravement et nous lançait paternellement à chaque mesure les signes appuyés d'un auto-stoppeur désespéré, nous invitant à un soutien tonal qui, appliqué à la lettre, eût tôt fait de nous un contre-ténor. Nous en épousâmes la sœur, convaincu sans doute qu'il passerait à nos héritiers futurs un peu de cette mâle rectitude.

Quand il s'agit de pratiquer la grâce sautillante, la basse peut en effet rencontrer certains problèmes. Devant chanter "Il estoit une fillette", une basse noble de notre connaissance convint volontiers des impératifs de volatile agilité et de véloce délicatesse que la chose requérait... pour donner illico à la belle enfant "voulant savoir le jeu d'amour" les allures d'une matrone éléphantesque bouffie de graisse et percluse d'arthrose.

Mais la moquerie est facile. Combien de fois le chœur ne s'esclaffe-t-il pas aux invectives peu chrétiennes, voire au lazzi que les chefs infligent à ces besogneux fantassins de l'armée chorale ? Avec un brin de lâcheté, car il les sait bons garçons : là où le ténor se serait dressé sur ses ergots, la crête rougeoyante, exigeant réparation, notre confrère sourit benoîtement, laissant passer l'orage. Benoîtement et non bêtement, précisons bien, car si la basse passe pour n'avoir pas inventé le fil à couper le beurre, son pragmatique bon sens et une philosophie teintée d'optimisme et de résignation lui apportent dans la vie des consolations bien utiles.

N'oublions pas non plus que la basse a en musique de rares lumières, usant même de partitions hermétiques au profane, frappées qu'elles sont de la fameuse clé de fa. On verra dans ce symbole du pupitre, en se bornant aux images que la morale autorise, soit l'accroche-cœur qui rend la basse si séduisante, soit la forme même de l'abdomen, qui participe si bien au confort de sa personne. Nos premiers balbutiements solfégiques, qui eurent pour cadre la chorale, nous valurent ainsi des portées personnalisées dont nous n'étions pas peu fier. et si l'appétit d'autres couinements nous familiarisa plus tard avec la clé de sol, nous gardons un attachement ému pour ce signe qui fait d'un la un do, d'un mi un sol, et une basse d'un homme ordinaire.

Mais comment devient-on cet être d'exception ? Par paresse, diront certains, et il est vrai qu'il est moins fatigant et moins périlleux de marmonner dans le grave que de se péter la glotte en altitude. Nous l'avons souvent dit : rares sont les membres d'un pupitre, quel qu'il soit, à pouvoir en revendiquer l'appartenance naturelle et exclusive. Et rarissimes sont hélas les chanteurs dont les organes sépulcraux évoluent avec ampleur et élégance dans les profondeurs abyssales de l'échelle hertzienne.

Dès qu'on quitte le bas de la portée, la musique se fait vite borborygme, la note éructation, bref le chant des sirènes se mue en pet de mammouth.

La basse dispose toutefois d'un avantage concurrentiel énorme : la consommation décidée et si possible prolongée loin dans la nuit de ces liquides brunâtres et mousseux chers aux ordres monastiques lui donne aisément une tierce de rabiot. Rebroff de banlieue, cosaque de la Berwinne, il pourra alors faire sonner quelque mâle mi bémol, et ses consœurs se retourneront, rêveuses, ambitionnant sans doute de détourner à leur profit le fleuve de testostérones qui a pu faire fleurir tant de virilité...

Mais tous les goûts sont dans la nature, et les vrais amateurs trouveront à coup sûr leur bonheur. N'ont-ils pas le choix entre la basse chantante (le Filippo de Don Carlo), la basse bouffe (le Don Bartolo du Barbier) et la basse profonde (Sarastro), qui confine à une espèce encore peu connue, le cul de basse fosse. Et si le baryton Figaro est occupé, il leur reste la basse de viole, qui applique des principes de séduction plus énergiques, le sportif (la basse-cour), ou même l'agent secret (la basse chiffrée)...

Gustave

In Chœur Magazine Décembre 1997


Mardi 29 janvier 2008
publié dans : Humour

Continuons à nous rafraichir la mémoire ......

En allant à l'Ile d'Orléans , visite aux chutes de .... Montmorency

 et là , ma cabane au Canada est blottie au fond des bois,

et on y  fait des glaçons au sirop d'érable ......

 


Samedi 26 janvier 2008
publié dans : La Cantiléne de Rethel

TENOR

L'homo cantor   Comment reconnaître ce spécimen...
    
 

  
Face à la perspective d'évoquer un sujet aussi vaste et multiforme que celui de l'homo cantor aborigène des portées supérieures de la clef de sol, communément appelé ténor, le chroniqueur se sent paralysé par l'étroitesse de ses moyens. L'architecte de la pyramide de Chéops à la pose de la première pierre et l'employé du gaz inopinément admis dans la couche de Cindy Crawford ont dû éprouver d'assez proches sensations.

Comment reconnaître ce spécimen (trop ?) rare en nos harmoniques phalanges ? Un trait nous a frappé. Sans doute existe-t-il des typologies déviantes, comme on trouve des hippopotames albinos ou des chefs de choeur démocrates, mais le ténor a porté, porte ou portera la barbiche. Non point cet appendice pileux anarchique de type bon toutou écolo-soixante-huitard, mais bien le bouc conquérant propre à l'espèce. Outre la barbiche, le ténor est souvent caractérisé par une maigreur tourmentée, sauf s'il a réussi ou a renoncé à toute ambition, cas auxquels il peut se laisser aller à une onction satisfaite, à une adipeuse plénitude propre à graisser l'organe et rassurer les foules.
C'est que le ténor se fait de sa personne une certaine idée, et n'est souvent pas loin de confondre la raie de ses fesses avec le méridien de Greenwich. Pourquoi sans cela aurait-il tant insisté pour dominer le choeur du haut de son organe, lui qui est avant tout baryton, car le vrai ténor est rarissime ? La vue avantageuse qu'on y a du pupitre soprano n'est pas seule en cause. Sans doute est-ce par besoin de briller, besoin éminemment excusable, car conditionné par un contexte socio-culturel qui place sa voix sur un piédestal. Les vibrations ensoleillées de Tino Rossi, les sirupeuses altitudes de Lotti (Helmut, pas Antonio), entretiennent cette flatteuse image. On remarquera au passage que tous ces grands hommes ont des blases en " i " ou en " o ", signes d'un tempérament méditerranéen non toujours dépourvu de fatuité. Ah, s'il suffisait de se coller un suffixe au derrière pour savoir chanter, à Cournouillard de se rebaptiser Cornuto pour devenir confrère de Caruso.
S'il était animal, le ténor serait coq, couleur le vermillon, meuble le tabouret. Déjà seul, on ne peut le rater ; et si l'on en réunit une paire, mieux un trio, la recette est assurée. Domingo, Pavarotti et Carreras pourraient chanter ensemble les tubes de Cloclo û patience, ils en approchent -, les foules se pâmeraient encore d'aise, enivrées par le clinquant d'une mélomanie facile, et surtout par le clinquant d'une image tape-à-l'oeil.

Suprême consécration : le terme même de ténor est passé en langage courant, comme bic ou frigidaire. N'en use-t-on pas pour désigner quiconque exerce un rôle de premier plan, ou se fait champion d'une cause ? Nous entendions l'autre jour parler des " ténors du Parti Socialiste ", dont les rares prestations musicales, en l'occurrence l'Internationale du premier mai, relativisent pourtant les prédispositions pour l'art vocal.

Toujours plus haut : telle est donc sa devise, mais à quel prix ? Tous les moyens sont bons pour se hisser, de cri en glapissement, jusqu'à ce contre-ut éclatant qui le distingue du commun, et après lequel il pourra ravaler sa glotte purpurine, laisser dégorger ses nodules pantelants, relâcher enfin les fanons cramoisis d'un cou trop tendu. A ce rythme souvent, la voix de poitrine s'essouffle. C'est que le thorax du ténor, plus proche en forme et en ampleur de la bouteille à stout que du tonneau d'ambroisie, n'offre que rarement les larges cavités de résonance que requiert l'exercice. On compense alors, ou l'on croit compenser, par cette nasalité qui cause tant de ravages en nos pupitres, dans la bande des 25 à 30.000 hertz. On connaît classiquement le ténor léger (l'Almaviva du Barbier), le dramatique Otello, le lyrique (Duc de Rigoletto ou Rodolphe de la Bohème). On trouve même, admirez l'expression, le ténor de demi-caractère, espèce bien répandue. Mais il faut ajouter celui dont les naseaux retentissent d'harmoniques, dont l'enchevêtrement des vibrisses s'encombre de doubles croches, dont les fosses nasales sont autant de culs de basse fosse au bon goût : nous avons nommé le ténor lyrico-nasal. C'est que les candidats ne manquent pas pour peupler ce pupitre sui generis, sur toute la gamme de la tirade de Cyrano. C'est toujours lui qu'on reconnaît dans les enregistrements, matamore du décibel, fier-à-bras de la clabauderie. Passe pour le folklore yougoslave, bonjour les dégâts dans Bach et Haydn.

Mais le ténor est excusable. N'avait-il pas quelque vengeance à tirer de l'Histoire ? C'est que, jusqu'au 18ème siècle, il n'était, comme aujourd'hui le baryton, qu'un soliste de seconde zone, souvent réduit à donner la réplique au castrat. Heureusement pour lui, les choses se sont arrangées : le héros de l'opéra est un ténor, comme le jeune premier amoureux. On comprend que les rôles qu'on lui confie si souvent lui montent à la gorge, car ceux qui ont connu la faim sont à table les plus acharnées, comme les moines défroqués deviennent les plus actifs fornicateurs. Qu'il n'oublie pas cependant que si ténor est l'anagramme de trône, il est aussi celui d'étron. Qu'il médite à la vue du tenoron : peut-être se reconnaîtra-t-il dans ce petit basson au pavillon évasé et à embouchure de clarinette. Qu'il sache enfin que le chevrotement le guette, plus qu'un autre, à l'avancée de l'âge.

Que l'on ne s'y trompe pas, nous nourrissons à l'égard de ces confrères la plus vive affection, l'admiration parfois. D'ailleurs, dès que les ténors redescendent de leurs hauteurs et de leur derrière pointu, ils peuvent être les gens les plus charmants du monde. Pour avoir vécu maritalement, ou presque, avec un des leurs, et non le moindre, nous pouvons en faire la communication officielle...

Gustave

In Choeur Magazine - Décembre 1997


Jeudi 24 janvier 2008
publié dans : Humour

POUR SE METTRE DANS L'AMBIANCE

DU PROCHAIN CONCERT ....

Quel temps fait-il dans notre belle province ?

Mon pays , ce n'est pas un pays,

C'est l'hiver,

Mon refrain , ce n'est pas un refrain ;

C'est rafale

Ma maison , ce n'est pas ma maison,

C'est froidure

Mon pays , ce n'est pas un pays ,

C'est l'hiver .....

(Gilles Vignault)

Souvenirs , souvenirs pour certains ........


Mardi 22 janvier 2008
publié dans : Actualités de la Cantilène

Pour compléter votre entrainement , voici les 4 parties de la Petite Suite Québecoise ....

Si votre ordinateur est bien configuré , il suffit de faire un clic gauche sur le nom de votre partie et vous devriez l'entendre ( à condition évidemment de brancher vos haut-parleurs !! )

Si vous faites un clic droit , vous pouvez les enregistrer sur votre PC ( enregistrer la cible sous ... )

LA PETITE SUITE QUEBECOISE

(Partie 1 : Ouverture)

PSQ 01 : SOPRANI

PSQ 02 : ALTI

PSQ 01 : TENORS      ( Modifié le 18/01/08 )

PSQ 01 : BASSES       ( Modifié le 18/01/08 )

PSQ 01 : TUTTI

 

NOUVEAU

LA PETITE SUITE QUEBECOISE

PARTIE II

Voici ce qui vous attend :

Cliquer ICI (tutti)

et les 4 parties  :

PSQ 02 : SOPRANI

PSQ 02 : ALTI

PSQ 02 : TENORS

 PSQ 02 : BASSES

Merci Marie-Françoise .....


Samedi 19 janvier 2008
publié dans : La Cantiléne de Rethel

LES ALTI
Voici bientôt vingt ans...
    
   
Voici bientôt vingt ans, choriste néophyte, nous participions à notre premier vrai concert, et nos yeux innocents découvraient par la même occasion notre premier spécimen d'alto soliste. Nous tairons le nom de cette robuste musicienne qui fait entre Liège et Namur la fierté de l'art vocal mosan. La quarantaine opulente, une tignasse noire qui l'était tout autant, et sur la lippe et les bajoues les indices d'une pilosité florissante que le rasoir ne suffisait plus à celer : c'était là notre première rencontre de toute la plénitude de ce pupitre fascinant, et qui impressionna en tout cas le jouvenceau que nous étions alors. Comme nous étions au concert et non chez le barbier, nos étonnements furent bientôt musicaux, et la sombre chaleur de ce bel organe nous fit forte impression. Grâce au ciel d'ailleurs, une observation plus systématique nous convainquit rapidement que cette typologie extrême n'avait pas vocation à l'universalité d'une espèce qui compte des formats plus raisonnables, et où la moustache de sapeur n'est pas condition d'adhésion.
Sachons d'abord que le terme même d'alto n'est qu'un raccourci de celui plus exact de contralto. Notre aïeul, facteur de son état, se réjouissait de lire sur les billets de banque que la loi punissait le contrefacteur. Ne prenons point ses vessies pour nos lanternes, et ne voyons pas dans la contralto quelque ennemie jurée de l'alto, tapie dans 1'ombre et prête à lui sauter à la gorge.

Nous allons voir qu'elle compte assez d'ennemis pour devoir s'embarrasser encore de querelles intestines.

On sait que l'alto, instrument homonyme est le déshérité de l'orchestre. Sa bêtise supposée y est légendaire, et c'est pour lui qu'on a dit qu'à l'inverse du cerf qui a les bois devant et le trou du c.. derrière, l'orchestre a les bois derrière et l'autre devant.

Eh bien, l'alto au sens vocal et féminin est aussi, quelque part, le parent pauvre du choeur. Au milieu des tempéraments orgueilleux de ses voisins dans l'harmonie, la ligne d'alto brille par sa modestie, frustrée qu'elle est même de toute mélodie si le compositeur est médiocre. Qui dira le drame de cette pauvre choriste trop souvent réduite aux "doum doum doum" et autres "la la la" quand sa voisine susurre la mélopée?

Ainsi déshéritée, elle est aussi mal aimée, en ce que les chefs s'en prennent souvent à elle : c'est que l'alto est la vestale gardienne de la tierce, responsabilité obscure mais capitale dans la justesse des accords. Même l'un de nos maestros dominicaux, esprit éclairé dont le viril appendice s'étale régulièrement à la page 26 de notre confrère Le Soir, même lui se départit régulièrement de toute charité chrétienne pour stigmatiser nos pauvres consoeurs et en faire, si l'on peut dire, les chèvres émissaires des disharmonies qui accablent sa symphonique phalange.

Harcelées par leurs chefs, les altos sont enfin concurrencées sur leurs propres terres par la mâle engeance. Croyez vous que ces vilains jaloux aient même le courage, comme leurs ancêtres, de tarir à la source le flux de testostérones qui les auraient éloignés des premières portées ? Point du tout. Ces gens pratiquent la concurrence déloyale, appelée aussi "voix de tête", comme le fromage du même nom.

Les avis autorisés distinguent le contralto artificiel (bien nommé fausset) du naturel, qui a subi la castration. C'est dire. Même les petits garçons s'y mettent, et sous couleur d'authenticité, réduisent au chômage les dernières altos. Le poids de l'histoire ne plaide pas en faveur de nos malheureuses consoeurs, car ces organes à la virilité incertaine se virent longtemps attribuer dans l'opéra des rôles des deux sexes. Il suffit d'écouter Gluck ou Bellini pour s'en convaincre, même si, modeste compensation, la voix féminine s'approprie depuis la fin du siècle passé des personnages masculins adolescents, comme le Siebel du Faust de Gounod.

Nous avons formé le projet de lancer une souscription pour sauver de l'extinction cette espèce attaquée de toutes parts, et lever l'obscure malédiction qui pèse sur elle. Louera-t-on en effet jamais assez la sensualité de la vraie voix d'alto, le pouvoir de son timbre chaud ? La soprano peut impressionner par ses prouesses aériennes, sa consoeur use d'autres arguments : ce sont ceux de Patricia Kaas ou de ces chanteuses de jazz qui vous entortillent la tripe aux échardes de leur voix. Rien qu'à cette évocation, nous sommes dans tous nos états, et nous nous expliquons mieux pourquoi jusqu'ici nous peuplâmes essentiellement nos harems de représentantes de ce pupitre.

Redescendons cependant en ce bas monde pour noter tristement que toutes les altos de nos chorales n'ont pas égale vocation à faire du tympan la zone érogène par excellence. Comme l'intelligence, la fortune et la beauté, les caractères vocaux sont répartis selon une courbe où la masse est aussi la moyenne, on peuple souvent ce pupitre des malheureuses pour qui le rôle de la Reine de la Nuit sera toujours un idéal inaccessible. Qu'elles se consolent et trouvent dans l'Azucena du Trouvère, la Cieca de l'Italienne à Alger, l'Arsace de Sémiramis, les modèles de ce timbre obscur, de cette rondeur et de cette plénitude surtout, qu'elles s'accordent bien à trouver dans d'autres volumes que celui de la voix...

Gustave

In Choeur Magazine Août 1997


Vendredi 18 janvier 2008
publié dans : Humour

Chose promise , chose due .....

Demain , nous attaquons notre nouveau programme .

En voici un aperçu  : Cliquer ICI

Il s'agit de l'Ouverture de la Petite Suite Québecoise .

( laissez bien la musique se dérouler jusqu'au bout car il y a quelques blancs qui seront .... complétés par l'orchestre qui nous accompagnera )


Mercredi 16 janvier 2008
publié dans : La Cantiléne de Rethel

Puisque les premiers textes "humoristiques" parlant des 4 pupitres ou voix vous avaient bien plu , on va en remettre une couche et repasser en revue les 4 choeurs. Les textes proposés sont là aussi "gratinés".....

 A tout seigneur, tout honneur, commençons donc par la soprano !
Savez-vous, estimé lecteur, comment Chaplin a commencé sa carrière ? Dans un obscur théâtre de Winnipeg, à cracher des morceaux de biscuit et arroser d'oranges pourries une énorme soprano pommadée, occupée à chanter un lied de Schubert. Charlot allait certes faire plus fin par la suite, mais il révélait ainsi le ridicule archétype de la soprano, qu'Hergé montrait aussi dans la Castafiore.

La soprano n'est-elle donc que corsage dilaté et développement anarchique de tissus graisseux dans la région fessière ? L'image d'Epinal n'est pas sans vérité. Nous avons connu, nous fréquentons encore de ces chanteuses dodues, à l'image de celle qu'au temps de notre splendeur chorale on appelait la "grosse", et qui cachait un coeur d'or sous les rotondités adipeuses d'une gorge de grassouillette albâtre. Les causes nous en échappent, et les esprits curieux regretteront que le père Freud n'ait pas aussi étudié la lipido.

La gent fessue et mamelue n'a cependant pas le monopole de la tessiture aiguë, où les extrêmes curieusement se rejoignent : dans une chorale, les limitrophes de l'anorexie, les haridelles chez qui on prendrait le la d'une chiquenaude costale, sont généralement aussi des sopranos. Chose logique, car les instruments sopranos sont plutôt maigrelets, tel le saxo, qui n'a pas les sensuelles rondeurs de son homologue alto; quant au " soprano mélancolique ", cognomen du hautbois, il nous fait de ses clés anguleuses et de son anche cruelle des marques que nous ne tolérerions pas d'une épouse.

Fort heureusement, la typologie classique ne range pas les chanteuses au poids, mais selon la hauteur, la couleur et le volume. La gamme est large, la nuance infinie. On connaît le coloratur genre " Reine de la Nuit ", le dramatique du style de la Constance de l'Enlèvement, le lyrique comme Manon et la Traviata, On trouve aussi des curiosités qui laissent songeur : le " soprano Dugazon " que l'on rêve de mener un jour sur l'herbette, le " soprano Falcon ", plus effrayante, la " soubrette ordinaire ", en sympathique petit tablier blanc, et même, pinacle du fantasme, le " soprano dramatique d'agilité ". Et que dire du wagnérien, du verdien, du gustavien un jour, peut être... Toutes épithètes accolées à ce terme italien de soprano dérivé de " sopra " (dessus), qui indiquerait que son contraire serait la " sottona " (dessous), quod non...

Interdite à l'église comme femelle et donc indigne d'une fonction liturgique, bannie de l'opéra au profit des falsettistes et des castrats, la soprano n'a émergé qu'à l'extinction (génétiquement vachement programmée) de ces derniers.

Depuis, elles se sont bien rattrapées : dans nos choeurs, elles se taillent la meilleure part du gâteau, s'appropriant sans vergogne la mélodie, laissant aux autres les " la, la, la ", "doum, doum, doum" et autres remplissages harmoniques, en proportion inverse du talent du compositeur.

La toute puissance du pupitre est aussi son talon d'Achille. Il ne suffit malheureusement pas au maître de chapelle de dire à Margoton ou Zénobie "je te baptise soprano" pour qu'à l'instant elle ait le la souple, le si moelleux, le contre ut argentin. Dans bien des cas, la voix est déjà aigrelette au mi, criarde au fa, glapissante au sol. Mais notre diva souvent n'en a cure, projetant à l'auditeur incrédule parcelles de cartilage aryténoïde et mucosités musculaires crico-tyroïdiennes. Et malheureusement, si l'alto peut grasseyer impunément, ou la basse éructer discrètement dans les fréquences abyssales, il n'en va pas de même pour la soprano, d'autant plus repérable - c'est la règle physique - qu'elle s'élève dans l'échelle hertzienne.

Dura lex, sed lex, qui fait aussi, n'en déplaise à nos estimés contradicteurs davantage blanchis que nous encore sous le harnais, que les chevrotements dus au grand âge sont plus ravageurs aussi dans ce pupitre. La pathologie du larynx prouve enfin que les kystes, chondromes et autres dyspnées affectent surtout les sopranos, qui forcent trop souvent dans l'aigu. Pour réfréner les ardeurs des émules de Bianca, faudra-t-il exhiber dans nos choeurs des bocaux de formol où baigneraient des nodules de coloratur ?

Depuis un Vaison 1980 où, chanteur novice encore humide d'effusions maternelles, nous admirions quelques pseudo-divas pratiquant le chant commun comme des Marguerites piquées aux hormones, nous avons affiné nos canons esthétiques. Mais bien de l'eau a depuis coulé dans l'Ouvèze, et, grâce au ciel, les charmes notamment phonatoires de ce pupitre béni des dieux font aujourd'hui à la grand messe notre enchantement dominical.


Gustave

in " Choeur Magazine " - juin 1997

Pour la suite , un peu de patience ... quand à ceux qui se moqueraient , votre tour viendra !


Mardi 15 janvier 2008
publié dans : Humour

Toscanini, Bernstein et Karajan se retrouvent autour d'une table, tous les trois silencieux et méfiants. Après une bonne demi-heure, Toscanini s'exclame rompant le silence:
- Il faut reconnaître que c'est moi le plus grand chef d'orchestre de tous les temps; soyez humbles et avouez-le!
Une autre demi-heure de silence angoissé, puis Bernstein réplique :
- Mon cas par exemple: une nuit, le bon Dieu est venu au chevet de mon lit et m'a dit: "Lennie, tu es le meilleur des musiciens"... Donc c'est moi le meilleur.
À nouveau le silence tendu pendant une demi-heure, ensuite Karajan prend à son tour la parole, songeur:
- Lennie, veux-tu m'expliquer quand exactement j'ai pu te dire une bêtise pareille?!


Vendredi 11 janvier 2008
publié dans : Humour

Samedi 5 janvier 2008
publié dans : La Cantiléne de Rethel

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Visitez la page des Musiques
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ICI

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